Bagnolet épinglée sur l’éthique par Anticor

Bagnolet épinglée sur l’éthique par Anticor

Encore un point rouge pour Bagnolet sur la carte de France, épinglée cette fois pour ne pas avoir tenu ses engagements en matière d’éthique. En 2014 Tony Di Martino avait signé la Charte de l’association ANTICOR fondée pour lutter contre la corruption et rétablir l’éthique en politique.

Voici ce qu’écrit l’association au sujet de Bagnolet, au terme de 6 ans de mandat : « M. Di Martino n’a pas répondu à la demande de suivi de la charte ANTICOR. De plus, l’absence de commission éthique indépendante au sein de la commune est regrettable. Cependant, les informations municipales et les indemnités des élus sont disponibles. Il n’est pas possible aujourd’hui de vérifier la mesure dans laquelle les engagements pris par M. Di Martino ont été accomplis. Le manque de collaboration de cette Mairie justifie l’attribution d’un feu rouge ».

Cette alerte est inquiétante. Alors que chacun constate que la dette augmente depuis six ans, et que la densification et la bétonnisation se poursuivent de plus belle, c’est désormais une association indépendante, reconnue nationalement, qui étrille sévèrement le non-respect de ses engagements par le Maire de Bagnolet.

Il faut tout repenser en matière d’éthique :

  • L’opposition municipale doit avoir un vrai rôle. Pourquoi ne pas faire élire au sein du conseil municipal, parmi les membres de l’opposition, un déontologue qui se verrait attaché les moyens humains de mettre en œuvre tous les contrôles qu’il jugerait nécessaires. Il pourrait avoir la parole à chaque conseil municipal, un encart de parole dans le journal municipal, un droit d’interpellation permanent ;
  • Pourquoi ne pas conditionner le versement des indemnités d’élus à leur présence aux réunions de conseil municipaux ou autres instances, et retenir une partie de leur indemnité à chaque absence. Les économies pour les finances de la ville eurent été conséquentes depuis 6 ans ;
  • Pourquoi ne pas publier la liste intégrale des avantages matériels des élus (indemnités, véhicules de fonction, frais de bouche, etc). Sans cela, la confiance ne reviendra pas ;

La liste des propositions pourrait être longue. Les élus pourront signer la charte ANTICOR 2020 après s’être essuyé les pieds sur celle de 2014. Donc nous voyons bien qu’entre les engagements pris et leur application en fin de mandat, il y a un gouffre. Le problème c’est donc ce qui se passe pendant 6 ans, sans regard citoyen et non pas une succession de chartes. La charte, oui, mais sous contrôle.

L’heure n’est plus aux bilans de mandat, même si nous devons faire le bilan de 6 années de Tony Di Martino. L’heure est au contrôle continu dans le temps et au contrôle citoyen. Celles et ceux qui ont été élu sans discontinuer depuis 25 années et qui briguent encore les suffrages de la population sont incapables de renouveler ces pratiques. S’ils ne l’ont pas fait avant pourquoi le feraient-ils désormais ?

A l’avenir, chaque année, l’équipe municipale devra se confronter à la population. Elle devra présenter l’avancement de ses engagements, et, en matière de lutte contre la corruption, thème central à Bagnolet, donner des gages réguliers. Les Bagnoletais.e.s devront être associé.e.s en nombre, pour faire entendre leur voix et leur jugement face aux élus. Leur implication pourra prendre de multiples formes, qu’il s’agisse de référendums locaux, ou de prendre part directement aux décisions et au contrôle (on peut envisager par exemple une commission d’éthique composée d’élus de la majorité, de l’opposition ET d’habitant.e.s tiré.e.s au sort). Sans contrôle fort, continu et citoyen, aucune charte signée ne sera plus crédible aux yeux des électrices et des électeurs.

Edouard Denouel

Les commentaires sont clos.
felis mattis Phasellus Sed velit, ipsum