De l’hyper-densification et de ses conséquences

De l’hyper-densification et de ses conséquences

Depuis quelques semaines, le chantier qui démarre à l’angle de la rue Sadi Carnot et de la rue René Alazard devient le symbole – malheureusement parfait – des conséquences néfastes de la bétonisation de la moindre parcelle disponible à Bagnolet.

Le maire actuel, qui n’a jamais eu des mots assez durs contre son prédécesseur, se retrouve pris au piège de son manque d’ambition et de vision en manière de développement urbain. Tous les programmes amorcés avant lui sont peu à peu livrés, tandis que nombre de programmes immobiliers actuels, en chantier ou à venir, sont désormais des projets « Di Martino ». A croire qu’il faut que tout change pour que rien ne change.

A l’angle de la rue Sadi Carnot et de la rue René Alazard, donc, les riverains auront pu constater en quelques semaines :

  • L’abattage d’arbres sur le domaine public par le promoteur, et ce en pleine canicule, sans que le chantier ne soit interrompu et que les arbres abattus ne soient immédiatement replantés ;
  • Un niveau de bruit extrême, samedis compris, dès 7h du matin, sans que la mairie ne fasse à ce stade respecter d’obligations particulières à l’entrepreneur ;
  • Et puis hier, le clou du spectacle, l’effondrement d’une partie de la chaussée limitrophe, rue Francisco Ferrer.

Il ne s’agit pas ici de verser dans la démagogie. Il est normal que dans une ville on construise, on rénove, mais cela doit se faire durablement. L’enjeu c’est donc la vision d’un développement partagé et harmonieux de la ville et la capacité de décision des élus:

  • La vision, d’abord. Chaque parcelle restante ne doit pas être le terrain de jeu des agents immobiliers, des financiers et des promoteurs. A l’heure ou manquent des équipements publics, faire toujours plus de logement est un non-sens si le cadre de vie ne suit pas. Cette parcelle en l’espèce était toute destinée à demeurer un espace vert. Elle aurait pu être le prolongement du parc attenant, traversé par une circulation douce, et permettre de prolonger ce poumon vert. Pour qu’une ville respire il faut savoir le décider.

  • La décision, ensuite. Oui, quand un terrain part à la vente la mairie peut préempter. C’est une question de choix. Il ne s’agit pas de dire de manière démago qu’on va cesser toute construction. C’est faux. Mais simplement de se donner les moyens d’action, au service d’une vision. C’est de cela dont les Bagnoletais ont besoin. Il est temps…

PS : accessoirement le Maire au dernier conseil municipal, interpellé par l’association Bagnolet Ecologie a annoncé que le démarrage des travaux sur ce projet n’avait pas été autorisé. Soit il faisait erreur, soit, décidément, les promoteurs sont les seigneurs.

Edouard Denouel

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