La mémoire de Josette et Maurice Audin

La mémoire de Josette et Maurice Audin

Au cours d’une cérémonie, ce dimanche 7 juillet 2019, la Ville de Bagnolet a rebaptisé le Parc du Château de l’Etang en Parc Josette et Maurice Audin.

Dès 2018 le conseil municipal avait adopté un vœu à l’initiative du groupe communiste, afin qu’un lieu de la ville porte le nom du mathématicien, militant communiste et anticolonialiste torturé et assassiné en 1957 par l’armée française en Algérie.

En février 2019, son épouse est décédée. C’était une bagnoletaise, une femme qui s’est battue pendant plus de 61 ans pour que l’Etat reconnaisse la responsabilité de la France dans la disparition de son mari pendant la guerre d’Algérie.

Pour honorer leur mémoire et leurs combats, un lieu symbolique de la ville leur est désormais dédié. C’est une bonne décision, initiée par Tony di Martino et partagée par tous les groupes politiques.

Un regret cependant : que cette cérémonie n’ait pas été pensée pour rassembler. Un maire doit en effet savoir rassembler et partager. La mémoire d’une nation est une mémoire en partage. Notre maire aurait donc pu, par exemple, donner la parole à Laurent Jamet, chef de file du PCF dans notre ville. Il ne l’a pas fait. C’est dommage.

Car au-delà de cette cérémonie, se pose la question centrale du pouvoir personnel important dont disposent les maires en France. Sans sens personnel du collectif, sans contrôle renforcé de leur action, le risque est grand qu’ils s’accaparent image et pouvoir. Ils oublient alors qu’on gouverne mieux quand on associe largement. Quand on laisse à son opposition comme à tous les citoyens, le maximum d’espace pour faire entendre leur voix. A fortiori dans un moment de recueillement.

Mais pour cela il faut avoir une vision de la démocratie et ne pas s’en tenir à des slogans.

Edouard Denouel

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