L’avenir des tours Mercuriales

L’avenir des tours Mercuriales

Les tours Mercuriales, tours jumelles emblématiques de l’Est parisien et icônes de Bagnolet, ont aujourd’hui plus de 40 ans. Peu à peu elles se sont vidées de leurs employés et de leur activité et cherchaient depuis quelques années un second souffle.

Le Parisien nous apprend aujourd’hui qu’un groupe immobilier international, Omnam, les rachète pour les moderniser et en transformer l’une des deux en hôtel haut de gamme.

http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/bagnolet-les-tours-mercuriales-auront-leurs-chambres-avec-vue-10-07-2019-8113551.php

Quelques observations :

  • De prime abord, remplir des immeubles existants, quasi vides, plutôt que d’en construire d’autres, est plutôt une bonne chose ;
  • De la même manière, dans une ville endettée, profiter de droits de mutations payés lors de la vente constitue une bonne nouvelle financière (mais c’est un fusil à un coup) ;
  • Enfin, le développement de l’activité économique sur un territoire doit être accueilli plutôt positivement ;

Néanmoins, cette perspective de transformation des tours, pose des questions stratégiques fondamentales sur l’avenir de Bagnolet :

  • C’est d’abord un chantier pharaonique qui s’annonce, puisque les tours vont être désossées et qu’à ce stade on peut s’attendre à plusieurs années de travaux. Au-delà même a priori des fameux Jeux Olympiques de 2024. La question des nuisances, des entraves à la circulation, du bruit et de la pollution vont bien vite se poser, alors même que se termine bientôt le chantier de la ZAC Benoît Hure ;
  • Ensuite cela pose une seconde question, centrale : quelle ville voulons-nous ? Quelle est notre identité ? Le cœur de Bagnolet semble de plus en plus destiné à une population déconnectée de la ville (hôtels à foison, résidences étudiantes, gare routière,…). Notre avenir est-il lié uniquement à une population de passage, qui tourne le dos à la ville et attend son bus-Macron ou son Uber en pied d’hôtel ?

La prochaine équipe municipale devra avoir tracé durant la campagne des perspectives de réponse à ces questions. Pour reconnecter le nord et le sud de la ville c’est tout le futur aménagement du pôle Gallieni qui doit être pensé. Le chantier des tours en est un aspect seulement.

A ce stade la municipalité ne semble pas trop savoir où elle met les pieds, s’en remettant au « projet (qui) sera détaillé» par le promoteur. Ça fait un peu court.

Car il va nous falloir veiller à ce que ces deux tours, la tour du Ponant et la tour du Levant, ne deviennent pas nos tours de Babel, celles qui feraient par l’aménagement futur de ce cœur de ville, qu’à Bagnolet nous ne parlions plus la même langue, qu’en somme notre ville finisse éclatée, devenue un carrefour sans identité.

Edouard Denouel

Photo Kazak Productions

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