Le petit bois de Bagnolet

Le petit bois de Bagnolet

Revenons un instant sur la décharge sauvage avenue Jean Lolive. Il s’agit d’un terrain municipal, celui de l’ex imprimerie PPI (dite PIF),  où s’entassent depuis de longues années des déchets en tous genres sous les fenêtres des habitants de la Noue et des Malassis.

Le problème remonte aux mandats qui précèdent celui-ci, même si depuis lors aucune solution n’a été apportée.

Certain.e.s viennent de dénoncer à nouveau cette décharge à ciel ouvert en demandant que cela cesse. C’est bien le moins, mais il est temps de proposer des perspectives de transformation de ce terrain stratégique pour pouvoir en débattre ensuite avec les riverains.

Cette décharge repose sur un terrain municipal d’un hectare, très pollué, qui est stratégique en ce qu’il fait une jonction entre la Noue et les Malassis, dans le prolongement de la couverture de l’autoroute A3. C’est tout cet espace qu’il faut repenser avec pour objectif de :

  • réussir à créer une jonction entre ces deux quartiers pour que la couverture de l’autoroute ne soit plus une sorte de cul de sac ;
  • gérer la pollution de ce site d’une part et les besoins locaux d’activité économique d’autre part ;
  • créer un espace public vivant et non plus une « zone » sans identité ;

L’idée serait donc d’aménager et de planter cette parcelle comme un petit bois. Bagnolet manque cruellement de vert or les forêts urbaines[1] ont une triple fonction : celle de rafraîchir la ville en luttant contre les ilots de chaleur, celle de créer une véritable amélioration du cadre de vie d’un quartier et enfin de piéger voir d’extraire une partie des polluants des sols quand cela est nécessaire[2].

Ce petit bois urbain devrait être prolongée par un aménagement de la dalle qui couvre l’autoroute. Ainsi dans cet ensemble pourraient s’insérer, outre une allée voiture/mobilités douces faisant la jonction entre les deux quartiers, quelques ateliers et petites industries permettant de remédier à ce qui est trop souvent impensé : une véritable écologie populaire, celle qui allie la rénovation du cadre de vie dans les quartiers populaires, les opportunités économiques et le développement tous azimuts de l’écologie en milieu urbain.

Des arbres plutôt qu’une décharge ;

Des arbres là où règne le béton ;

Des arbres et des aménagements urbains au service des habitants, de l’emploi local et de la redynamisation d’un quartier ;

Alors que la municipalité pense aujourd’hui confier le tout à un aménageur, pour faire encore et toujours les mêmes projets, peut-être est-il temps de penser autrement. Il y a sur cette parcelle de quoi planter des centaines d’arbres et en même temps de proposer un cadre accueillant pour des activités économiques et culturelles au service des habitants. Le terrain de la décharge est dans le périmètre du Nouveau Programme de Rénovation Urbaine. Il existe des financements. Il est temps de proposer des alternatives tout en pensant autrement.

Edouard Denouel


Photo : Aurelien Boule


[1] https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/07/25/les-forets-urbaines-font-sens-dans-les-villes-denses_5493101_3234.html

[2] https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/pollution-depollution-sol-plantes-testee-france-60159/

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